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Libération des détenus: Me Clédor Ly interpelle le nouveau ministre de la Justice

Le nouveau ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a du pain sur la planche. Moins de 24 heures après sa prise de fonction, il est interpellé sur la libération des détenus dits politiques et ceux avec des bracelets électroniques.

 
« Tous ceux qui avaient bénéficié de liberté conditionnelle avec des bracelets électroniques encombrants et avilissants sous le régime de terreur n’ont pas été libérés de leurs chaines. Il est à rappeler que la loi d’amnistie est une loi d’État et que toutes les personnes qui ont le pouvoir de mettre fin à la détention des personnes qui en bénéficient et qui s’abstiennent d’y mettre fin, peuvent être poursuivies pour détentions arbitraires, quels que soient leurs qualités ou leurs rangs (…) Tout le formalisme invoqué ne se justifie pas, puisque c’est la loi d’amnistie qui est le fondement juridique de la disparition des infractions qui leur avaient été à tort et arbitrairement imputées, et qui effacent les crimes ou délits. Le nouveau ministre de la Justice doit veiller à ce qu’aucun détenu politique ne passe ce weekend en prison. Les parents ou amis de personnes non encore libérées ou qui traînent toujours le bracelet électronique peuvent dès lundi 15 avril se rapprocher des avocats sans bourse délier », a déclaré l’avocat dans des propos rapportés par Dakarmatin.
 
Maitre Ciré Clédor Ly a également fait l’état des lieux sur la situation judiciaire et carcérale. « 1. Les personnes renvoyées devant les juridictions de jugement et dont les dossiers ont été programmés à des dates différentes et lointaines. 2. Les personnes dont les dossiers sont déjà jugés par la Chambre d’accusation, mais qui sont entre la cour d’appel et les cabinets d’instructions. 3. Les personnes dont les dossiers se trouvent devant la Chambre d’accusation et qui n’ont encore fait l’objet d’aucun traitement définitif. 4. Des personnes concernées par la loi d’amnistie pour lesquelles la police ou la gendarmerie ont ajouté d’autres infractions irréelles pour charger leurs situations et dont une analyse sommaire fait apparaître des qualifications juridiquement incompatibles ou inconcevables. 5. Il y a des militaires qui font l’objet d’un transfèrement à Dakar et qui dépendent de la juridiction de Ziguinchor. 6. Enfin, il y a les personnes renvoyées devant les juridictions de jugement et dont les dossiers n’ont pas été enrôlés par le parquet », a affirmé Me Clédor Ciré Ly.